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Serge Pey

Serge Pey

Serge Pey est né en 1950 dans une famille ouvrière du quartier de la cité de l’Hers à Toulouse. Enfant de l’immigration et de la guerre d’Espagne, son adolescence fut traversée par la lutte antifranquiste et les mouvements révolutionnaires qui secouèrent la planète. Militant contre la guerre du Vietnam, il participa activement aux événements de mai et juin 1968. Parallèlement à son engagement politique, il découvrit très tôt la poésie et les voix de fondation qui ont transformé sa vie. De Lorca à Whitman, de Machado à Rimbaud, de Villon à Baudelaire, de Yannis Rítsos à Elytis, d’Alfred Jarry à Tristan Tzara, des troubadours à Antonin Artaud, des poésies chamaniques à celle des poésies visuelles et dadaïstes… Il commence alors la traversée d’une histoire de la poésie contre la dominance française des écritures de son époque.
C’est au début des années soixante-dix qu’il inaugure son travail de poésie d’action et expérimente, dans toutes ses formes, l’espace oral de la poésie. Le travail de Serge Pey dans la poésie contemporaine se définit comme une articulation entre écriture et oralité. Se déclarant lui-même comme un héritier des poésies du monde, il ouvre des passages dans les poésies traditionnelles des peuples sans écriture, la poésie médiévale, les pulsions du zaoum et celles de la poésie sonore. À la suite de Jerome Rothemberg, on a pu attribuer une partie de son travail à l’espace de l’ethnopoésie. La façon de médiatiser son poème, ou de l’illustrer oralement, passe par une rythmique faisant appel à toutes les ressources du corps: battement de pieds, percussions avec ses mains, voix de ventre et de gorges. Il déclare lui-même vouloir « champter» le poème. Dans sa diction vertigineuse proche de l’hallucination, le rythme restitue la colonne vertébrale de son texte. Serge Pey reste le musicien ou le batteur inégalé de ses poèmes. Ses nombreux récitals avec Allen Ginsberg, ou des musiciens comme André Minvielle, Bernard Lubat ou Beñat Achiary illustrent la force de son engagement de diseur. 
Puisant les thèmes de son écriture plus particulièrement dans les symboliques d’un «mysticisme athée », ses livres Bâtons de la différence entre les bruits, Le Millier de l’air, La Parole des bâtons, Dieu est un chien dans les arbres ou Poèmes à l’usage des chemins et des bâtons sont des explorations mystiques de la marche de la vie dans l’absolu de sa naissance permanente. Écrits comme des constructions symboliques ces poèmes témoignent aussi de la force mystique et d’une écriture fraternelle avec Pessoa ou Reverdy ou encore de la théologie négative d’Angélus Silesius dont il partage les labyrinthes de connaissance. Des traités d’alchimie à la pensée orientale du taoïsme jusqu’aux détours par la philosophie présocratique et gnostique, sa poésie couvre des champs immenses de la spiritualité. Le travail mené par le poète autour des poésies premières s’est manifesté particulièrement par la publication et les «performances» réalisées autour du Peyotl. À côté de ceux de Charles Duit ou de Burroughs, son livre Nierika ou les mémoires du cinquième soleil, réalisé à partir de la cosmogonie et des pratiques hallucinogènes des Indiens Huicholes, a ouvert un espace majeur dans les littératures de l’extase. Son poème Nierika est ainsi un hommage aux langues de la vision. Serge Pey reste un créateur parmi les plus singuliers de la poésie-action internationale. Inventeur et concepteurs des marches mondiales de la poésie, un long métrage, La Boîte aux lettres du cimetière, lui a été consacré en 2015.

Docteur en Histoire contemporaine et en Lettres modernes, écrivain, poète, plasticien, ses recherches convoquent des domaines aussi divers que l’archéologie, la linguistique, la philosophie, l’ethnologie et la psychanalyse. Expérience des limites du langage, engagement politique et philosophique de la poésie, examen critique de la performance, interrogation sur les contradictions de la modernité, statut du rôle des avant-gardes, sont les thèmes centraux évoqués dans ses recherches théoriques. Ses textes de création éclairent d’une manière pertinente et polémique le rôle que le poète peut jouer dans les espaces urbains d’une société qui propulse la poésie hors du livre. Lauréat du Grand Prix national de poésie de la Société des gens de lettres, du Prix international de poésie contemporaine Robert Ganzo, le Prix de poésie Guillaume Apollinaire lui a été décerné en 2017. Président aux destinées de la Cave Poésie de Toulouse, il est à côté d’Arrabal, satrape du Collège de ’pataphysique. Professeur émérite, il est membre de l’Unité Mixte de Recherche, FRAMESPA-CNRS. Serge Pey a dirigé jusqu’en juin 2018 les Chantiers d’art provisoire du CIAM à l’université Toulouse 2 – Jean Jaurès.

Bibliographie

Ouvrages publiés par Serge Pey

Dialectique de la Tour de Pise, poèmes politiques, Le dernier télégramme 2019.
Le Carnaval des poètes, Flammarion, 2019.
Mathématique générale de l’Infini, collection NRF Poésie, Gallimard, 2018.
Poésie-action, manifeste provisoire pour un temps intranquille, Le Castor Astral, 2018.
La Mesure du Bol et autres distances, Le Bois d’Orion, 2018.
Pour un bébé de ciment, Ombu, 2018.
Occupation des cimetières, Jacques Brémond, 2018.
Le Coup de dés, Ombu, 2018.
Nel labirinto della vita, photos de Pietro Basoccu, Soter editrice, 2018.
Histoires sardes d’assassinats, d’espérance et d’animaux particuliers, Le Castor Astral, 2017.
Arcane XI, la Force ou le secret de l’escarboucle dévoilé, bookleg, Maelstrom, City Lights, MondoDILuce, 2017.
Flamenco : les souliers de la Joselito, Les fondeurs de brique/Dernier Télégramme, 2017. Prix Apollinaire 2017.
Poème ex-voto pour Jacques Barsony, médecin des pauvres, Nuage en pantalon, 2016.
Poème des dernières volontés de Francis Loubatières, 2016.
L’Ange du sable. A propos d’un sacrifice sur la plage de Berck, Litan, 2016.
Manifeste magdalénien : critique du temps, Le dernier télégramme, 2016.
Venger les mots, Bruno Doucey, 2016.
Un bâton pour Arrabal, Au crayon qui tue, 2015.
Table des négociations, La Passe du vent, 2015.
Le Poisson rouge, collection Petit va !, Centre de Créations pour l’Enfance, 2014.
Agenda rouge de la résistance chilienne, Al Dante, 2014.
La Sardane d’Argeles, Le Dernier télégramme, 2014.
Les Écritures de la liberté, Conseil régional Midi-Pyrénées, 2014.
La Barque de Pierre, Voix éditions, Richard Meier, 2014.
Leporello, Dumerchez, 2014.
La Boîte aux lettres du cimetière, Zulma, 2014.
Tombeau pour un miaulement, Gruppen, 2013.
Serge Pey Open, Docks, 2013.
Nierika cantos de vision de la contramontaña, UNAM, Conacult, traduit par E. Flores, A. Medellin, 2012.
Nierika ou les mémoires du cinquième soleil, UNAM, 2012.
Chants électro-néolithiques pour Chiara Mulas, Le Dernier télégramme, 2012.
Ahuc, poèmes stratégiques, Flammarion, 2012.
Les Poupées de Rivesaltes, Quiero éditions, 2011.
Rituel des renversements, La Part commune, 2011.
Droit de voirie, Maelström ReEvolution, 2010.
Dialectique de la Tour de Pise, Le Dernier télégramme, 2010.
Virgule, point, nombre et majuscule, Dumerchez, 2010.
Lèpres à un jeune poète, principes élémentaires de philosophie directe, Délit Edition, 2010.
Appel aux Survenants, Maelström ReEvolution, 2009.
Nihil et Consolamentum, Délit édition, 2009.
Hypothèses sur l’infini, Tipaza, 2009.
Ne sois pas un poète, sois un corbeau, Le Dernier télégramme, 2009.
Bâtons de la différence entre les bruits, La Part commune, 2009.
Traité à l’usage des chemins et des bâtons, Le Bois d’Orion, 2008.
Dédicace des corbeaux, éditions Rencontres, 2008. 
Nierika ou les chants de vision de la Contre-montagne, Lyon, Maison de la poésie Rhône-Alpes/ Le temps des cerises, 2007.
La troisième main, collection l’Incitatoire, Trident neuf, 2006.
Poésie publique /Poésie clandestine, anthologie, Castor Astral, 2006.
La bouche est une oreille qui voit, anthologie, Arlette Albert-Birot, collection dirigée par Zeno Bianu, Jean Michel Place, 2006.
L’Électrification du visage, peintures de Colette Deblé, Peau et sie de l’Adour, 2006.
L’Égalité de la balance, collection Feuillets entre-baillés, collection dirigée par Daniel Leweurs, 2006.
La Spirale du sanglier, Tête à Texte, no 32, Hotel Beury, éditions Rencontres, 2005.
De l’équilibre des noms. Poème des quatre bâtons de la balance, illustrations de Giney Ayme, 
Hotel Beury, Éditions Rencontres, Centre d’art de littérature de l’Échelle, 2005.
La Direction de la grêle. Lettres à Jean Capdeville datées du 47 août au 11000 décembre 2002, Dumerchez, 2005.
Michel Raji danse, Toulouse, dessins de Cyril Torres, textes en espagnol et en français, traduction par Brigitte Chapou, collection privée, 2004.
Extrait du chemin, Trames, 2004.
Paralogisme, lithographies originales de José Manuel Bronto, Maeght éditeur, 2004.
Le Millier de l’air, poème à l’usage des chemins et des bâtons, encres de Jean Capdeville, Fata Morgana, 2004.
Visages de l’Échelle de la Chaise et du Feu, dessins José-Luis Cuevas, Dumerchez, 2003.
Lettres posthumes à Octavio Paz depuis quelques arcanes majeures du Tarot, Jean-Michel Place, 2002.
La Langue des chiens, Paris-Méditerranée, 2001.
Nierika o le memorie del quinto sole, traduit en italien par Alberto Masala, éditions Il Maestrale, 2001.
Traité des chemins et des bâtons, Terre blanche, 2000.
Les Aiguiseurs de couteaux, Éditions des Polinaires, 2000.
Pour libérer les vivants il faut savoir aussi libérer les morts, Voix-éditions, 2000.
Tout Homme. Le Lampeur. Poème pour les hommes de Carmaux, encres de Daniel Coulet, Caisse des Dépôts et consignations, 1998.
L’Horizon est une bouche tordue, texte français et traduction en allemand par Johannes Strugulla avec la collaboration de Heinz G. Hahs, F. Despalles, 1998.
L’Enfant archéologue, encres de Ladislas Kijino, Jacques Bremond, 1997.
La Main et le couteau, Paroles d’aube, 1997.
La Route vers les arbres millénaires, poème introductif de Serge Pey, Fondation Colas, 1995.
Interrogatoire, poème pour les assassins de Tahar Djaout, Éditions du CIPM, 1994.
Impressions, Festival jazz sur son 31, Right on, ouvrage collectif, éditions Lexies, 1994.
La Mère du cercle, avant-lire d’André Velter, gravures originales de Jean Vodaine, Travers, no 48, juin 1994.
Quinze artistes dans le métro, avec Pierre Rey, Mtd développement, 1993.
Dieu est un chien dans les arbres, préface d’Adonis, photographies de Thierry Château, Jean-Michel Place, 1993.
Journal Ogham des hommes couvertures de la prison de Long Kesh, Les Petits classiques du grand pirate, 1992.
Couvre-feu. Journal de Santiago de Chili, Tribu, 1990.
Poèmes mis en république, peinture de Yann Febvre, hommage à la conjuration des Égaux de Babeuf, Centre Léonard de Vinci, 1989.
Poème du cerf-volant, Aubervilliers, Les Petits classiques du grand pirate, 1989.
Poème pour un peuple mort, Sixtus, 1989.
Notre Dame la Noire ou l’Évangile du serpent, accompagné de quatre sérigraphies de Corneille, Tribu, 1988.
La Définition de l’aigle, encres de Balbino Giner, photographies du paysage, Jacques Bremond, 1987.
Vertenebra. Vertenebre, dessins de José Louis Cuevas, Cóma, 1983.
Prophéties, Tribu, no 14, mars 1983.
De la ville et du fleuve, Tribu, 1981.
Minute hurlée, Imprimerie 34, 1979.
Poème pour M. E. après sa mort, Castor Astral, 1975.
J’eux, Multiples, 1974.

A publié dans de nombreuses anthologies et revues.