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On suppose le silence (Jean-Charles Bousquet)

Jean-Charles Bousquet

On suppose le silence

récits, poèmes

EditeurLa rumeur libre

CollectionPlupart du temps

Date de parution07/2014

ISBN/code barre978-2-35577-082-1

Format (mm)135 x 204

ReliureCahiers cousus, couverture avec rabats

Nombre de pages144

Poids182 g

Prix 16,00 €
Feuilleter

(extrait)

C’est pour cela que ces gens-là,
Vivent dans ce pays-là.
Mais comment font-ils ?
Comment font-ils ces gens-là ?
Comment font-ils
Pour vivre dans ce pays-là ?

(extrait)

LE FOU

Le fou, l’autre, le différent, le pas-pareil, avant d’être le paria,
l’exclus, l’isolé, l’enfermé, le dangereux.

Le fou avec ses étoiles dans la tête, qui rêve d’ailleurs, de rêves
différents, d’être autrement, d’un monde possible d’impossibles.

Le dangereux qui pose ses bombes et fait sauter le monde.

L’enfermé qui brise les liens des autres.

L’isolé qui rameute les foules dans un espoir à venir.

L’exclus qui s’impose, rend sa présence lumineuse.

Le paria qui s’invite à la table du banquet du monde.

Le désordre du sage réordonné dans l’ordre du fou, la cohérence
dans le chaos, la mathématique de l’incohérence.

Le monde fermé des sages dans sa blancheur clinique, le monde
fermé des sages dans sa noirceur aseptisée, explosé aux couleurs
improbables du fou libéré, du fou en soi, du fou sur le toit.

Et malgré les morsures des tigres feulant dans la jungle, malgré
la viscosité nauséabonde des crocodiles dans les marécages des
opinions, les papillons roses et bleus, jaunes et rouges volent
dans le sillage du fou. Le chemin ouvert brille des étoiles tombées
de ses chausses. Le chemin ouvert se creuse, crevasse le monde.

Le fou s’en va, le fou est passé, et les visages un instant ouverts,
un instant inquiets, un instant désemparés, retournent au monde
blanc et noir, sagement désordonné, où le haut est en haut, et
le bas est en bas ; même si on ne sait pas très bien ce que sont
le haut et le bas.

Le fou est passé, le monde respire, retourne dans son aliénation
facile.

Le fou s’en est allé, le monde respire, il ne s’est rien passé.