Personne, à ma connaissance, n’a parlé du livre de Patrick Laupin, Ces moments qui n’en deviennent qu’un (Ed. Ubacs, B.P.741, 35010 Rennes cedex). Je le dis tout de suite : il s’agit de l’un des plus beaux textes parus depuis une dizaine d’années, quelque chose qui se situe du côté de Maurice de Guérin non pas seulement à cause de « la tendre inclinaison des lilas mauves », mais pour la qualité du style, de l’émotion. Je vous en prie : lisez Patrick Laupin, lisez l’extraordinaire poème de la page 47, qui commence ainsi – pour vous mettre l’eau à la bouche, comme on dit avec une vulgarité dont heureusement Laupin ne s’approche guère, mais enfin ,c’est pour vous donner envie : « Ce n’est plus comme autrefois cette pesanteur intacte / dans la barre du jour cette lenteur secrète de / l’air dessinant par avance l’horizon des contours … » Je vous en prie « allez-y voir vous-même, si vous ne voulez pas me croire », comme dit le comte de Lautréamont.