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Ils peuvent maintenant dormir tranquilles

Monique Domerque

Lettre du 12 novembre 2007 au sujet de L'Homme Imprononçable

Comme tu les a bien pris dans les bras, dans ton regard, tous ces cœurs-là sans corps parlant… Comme ils peuvent maintenant dormir tranquilles et au chaud, puisqu’un autre a re-tissé pour eux, les fils brisés des existences. Le seul fait de l’écho que tu donnes à leur silence, fait entendre leur voix. Il n’y a rien à dire, plus rien à ajouter ils sont sauvés, c'est-à-dire à jamais vivants, et bien au-delà de leur mort.

Je ne parle pas de ton frère ou de ta maman qui eux, ont trouvé depuis longtemps déjà refuge en ton amour et sommeillent en paix.

En reliant , avec cette généreuse attention qui te caractérise, celui qui a perdu son nom à celui qui a perdu son peuple, celui qui a perdu son frère à celui qui n’a plus d’enfance, celui qui ignore son passé à celui qui n’a plus d’emploi ni d’avenir, tu fais advenir, sur un comptoir de bar sur les bords du Rhône, un monde humain – enfin humain -.

Quel bonheur de se sentir ainsi restitué, récupéré, au double sens du mot – récupérés, moi comme eux, balancés aux poubelles de l’histoire, récupérés, eux et moi, comme on récupère enfin son souffle après la bataille -.

Ainsi de toutes ces vies, nous sommes inscrits. Faut-il l’écrire ins-Christ ?