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Comme sous un flot de sève (Jordi Pere Cerdà)
Comme sous un flot de sève (Jordi Pere Cerdà)

Jordi Pere Cerdà

Comme sous un flot de sève

Anthologie poétique (édition bilingue)

EditeurLa rumeur libre

CollectionLa Bibliothèque

Date de parution10/2020

ISBN/code barre978-2-35577-197-2

Format (mm)141 x 192

ReliureCahiers cousus, couverture avec rabats

Nombre de pages144

Poids180 g

Traduction du catalan par Etienne Rouziès

Prix 17,00 €
Feuilleter

Traduction du catalan par Etienne Rouziès

(4ème de couverture) Comme sous un flot de sève : c’est ainsi qu’on se sent en lisant la poésie de Jordi Pere Cerdà (1920 – 2011). Un flot de sève jailli des émotions les plus viscérales, du vécu. Que le poète évoque la nature, le désir, l’engagement, le deuil ou l’angoisse existentielle, les émotions sont là intactes, transcendées, brasillantes. Elles sont au cœur. Toute langue fait feu, titre d’un des recueils, traduit bien cette incandescence. Cerdà est un passeur : il fait passer l’émotion dans la langue. Cerdà est un tisseur : il trouve les images justes et les combine dans une composition unique, dense et complexe. Il allie une langue franche et directe, riche mais sans préciosité, et un grand raffinement dans le maniement des images. Il y a enfin dans sa poésie une force incantatoire. Cerdà nous enchante au sens étymologique : il y a quelque chose chez lui de chamanique, de païen. Le poème est une offrande. Le poète, un sorcier.

Toutes ces qualités auraient dû lui assurer une place dans le paysage littéraire français. Pourtant Cerdà est aujourd’hui quasi invisible : toute son œuvre (poésie, théâtre, autobiographie, roman) ayant été écrite en langue catalane, il s’est de fait retrouvé en marge. Le choix du catalan fut une nécessité intérieure. Cerdà avait abandonné tôt l’usage du français comme langue littéraire car il pesait comme un surmoi castrateur sur ce jeune autodidacte, boucher à Saillagouse, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales. Cerdà trouva son expression et sa liberté dans le catalan, sa langue maternelle. Il y puisa un vocabulaire, un imaginaire, une prosodie.
Au commencement de la poésie de Cerdà, il y a un pays, la Cerdagne. C’est le socle, la matière des premiers recueils qui nous plongent dans ce plateau pyrénéen où les femmes et les hommes mènent une vie rude au contact d'une nature mythique, cosmogonique (La Caille et la Gerbe, Cerdanaises…). Ce pays est une matière universelle, à l'instar de l'Irlande de Seamus Heany, l'Andalousie de Lorca, ou le Limousin de Marcelle Delpastre. Dans le poème Ô monde, c'est le monde entier, la respiration des peuples qui vient battre contre celle du poète, allongé dans un pré face à la montagne. Pendant la Seconde guerre mondiale, la Cerdagne fut un lieu de résistance et Cerdà en fut un des acteurs. Il monta une filière de passage vers l'Espagne entre 1942 et 1944, sauvant la vie de juifs, résistants et clandestins qui fuyaient Vichy. Cet engagement traverse toute la poésie de Cerdà comme il traverse sa vie.
Au fil des recueils, Jordi Pere Cerdà se dévoile de plus en plus, tournant son regard vers des paysages plus intérieurs. On parcourt ses poèmes comme un journal des émotions profondes : la passion (Un vent végétal, La nuit me porte des odeurs de menthe), la joie de la paternité mais aussi les angoisses existentielles (L'Août de l'an) et la terrible épreuve d'un enfant mort-né (Fille).
La poésie de Cerdà nous dit aussi beaucoup du processus de l'écriture entre combat intérieur et envoûtement. Un processus fragile et solitaire que tout peut remettre en question (Poème en éclats). La puissance voisine toujours avec la fragilité et le poète ressent l'angoisse de la mer face au rocher, « quand naît dans le silence furtif le pli de la vague nouvelle ».

Cette anthologie bilingue veut faire entendre cette voix puissante et originale — celle d’un des plus grands poètes catalans — au public francophone et le faire redécouvrir au public catalanophone

Traduit du catalan par Etienne Rouziès

Né en 1979, Étienne Rouziès est l’auteur de textes et recueils poétiques publiés chez Voix éditions (Quartier des éprouvés, 2019, avec des gravures d’Olivier Savoyat). Il tient un carnet
d’écriture en ligne, Le Vent des Rues. Il a consacré des études à des écrivains et des artistes : Georges-Emmanuel Clancier (Passager du temps, avec Olivier Thuillas, 2013), Diane de Bournazel ( Les Promenades imaginaires de Diane de Bournazel, 2014), Michel Latte (L’Esprit du lieu, 2020).

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